Le père Noël est vraiment une ordure...
Le 31 décembre, Sarkozy, élu " Président du pouvoir d'achat ", a triomphalement annoncé une série d'augmentations des minimas sociaux : 1 % d'augmentation pour le RMI mensuel (qui va ainsi frôler
les 448 € !) ; soit une augmentation de 7,05 € par mois, ou 23 centimes d'€€ par jour. Pour un couple, on atteint les 671,87 €€, et 940,62 € pour une famille avec deux enfants. Le minimum
vieillesse augmente de 1,1 % (comme toutes les retraites) au 1er janvier 2008, pour atteindre 628,10 € pour une personne et 1 126,77 € pour un couple de retraités. Les allocations familiales sont
passées au premier janvier de 119,13 € à 120,32 € pour un enfant, et de 271,75 à 274,47 euros pour 3 enfants. Quand au SMIC, aucun " coup de pouce " n'est annoncé : l'augmentation sera donc de
1,01% pour atteindre 8,52 € brut de l'heure. En comptant avec l'inflation, c'est donc une baisse sérieuse des minimas sociaux : " En novembre 2007, l'indice des prix à la consommation de
l'ensemble des ménages s'accroît de 0,5 %. La variation annuelle s'établit à +2,4 % ". Source : l'INSEE le 13 décembre 2007. Sans compter avec la TVA à 24,7% qui nous attend dès la fin des
municipales.
...Mais pas pour tout le monde :
Le " paquet fiscal ", les diminutions de l'impôt sur la fortune, l'allégement de la fiscalité sur les successions et donations vont coûter 14 milliards d'€€. Les exon érations fiscales pour les
entreprises atteindront le montant de 68,3 milliards d'€€. Le " bouclier fiscal " ramené de 60 % à 50 %, devrait, selon le Syndicat National Unifié des Impôts, profiter à " 18 000 contribuables
qui se verront rembourser 563 millions d'euros ". Du coup, le gouvernement prévoit la suppression de 130 000 postes de fonctionnaires dans les 4 ans.
Pour ne pas voir notre niveau de vie baisser, pour nous loger (les loyers ont augmenté de 2,84% aux deux premiers semestres 2007), la ministre de l'économie Mme Lagarde nous recommande de "
devenir des consommateurs avisés " (Le parisien du lundi 7 janvier 2008) ; en clair de faire les soldes.
Mais la vraie réponse du gouvernement est plus sérieuse, plus dangereuse aussi : le fameux travailler plus. Le rachat des RTT, qu'une bonne partie des salariés du privé et du public n'avait pas
eu l'autorisation patronale de prendre ; le travail le dimanche " volontaire " mais pas payé double contrairement aux annonces ; la défiscalisation des heures sup' qui ne seront pas payées 25% de
plus (déclarations de Fillon au JDD), contrairement à ce que promettait Sarkozy pendant sa campagne et au début de décembre ; l'allongement de la durée de cotisation à 41 annuités en 2012 puis à
41,5 annuités en 2020 …pour le travailler plus, Sarkozy tient ses promesses.
Mais le meilleur reste à venir, le MEDEF est mis en appétit par l'empressement du gouvernement et la passivité criminelle des directions syndicales : " le gouvernement veut avancer très vite sur
une redéfinition, voire une suppression, de la durée légale du travail " (le figaro économie, 8 janvier 2008). Ce serait une régression à avant 1848 où pour la première fois les salariés ont mis
une limite à l'exploitation capitaliste. Pour maintenir notre niveau de vie, nous devrons travailler toujours plus, toujours plus longtemps, alors que nos salaires réels continueront de baisser.
Pour être sûr que les salariés ne revendiqueront pas des salaires décents, MEDEF et gouvernement prévoient de nous rendre encore plus précaires : en allongeant la durée de période d'essai sur
l'ensemble des contrats de travail ; en créant un contrat de mission " dont la rupture interviendrait sans drame lorsque s'achève le projet pour lequel l'embauche a été réalisée ", c'est-à-dire
quand le patron le décide, comme en intérim ; enfin, la " rupture conventionnelle "qui permettra au patron de ne pas payer d'indemnités de licenciement en forçant les salariés à démissionner" à
l'amiable ".
Le seul moyen d'éviter la régression sociale généralisée, de mettre un coup d'arrêt à la politique de Sarkozy, c'est de rompre avec la stratégie des directions syndicales qui négocient le recul
de nos droits. Pour gagner, il faudra un tous ensemble, une mobilisation à la hauteur des attaques que les salariés subissent depuis l'élection de Sarkozy.
Adrien Nicolas