Dimanche 17 février 2008
Pour la première fois depuis son élection il y a huit mois, Sarkozy est qualifié d'impopulaire dans les sondages. Une chose est certaine - l'étalage de sa vie privée comme un feuilleton de TF1 n'a pas fait oublier aux français que la vie est de plus en plus chère et les emplois de plus en plus rares. Sarkozy ne peut pas simplement hausser les épaules quand on lui rappelle ses promesses sur le pouvoir d'achat.

Le spectacle médiatique n'a pas toujours bien fonctionné, ou bien a fonctionné contré l'intérêt du président. Mais il est affligeant de voir que les critiques les plus dures viennent de la droite, et non pas de la gauche. On pourrait rigoler des critiques de Cécilia, qui qualifie son ex de “pingre”, qui n'aime personne, même pas ses enfants, on pourrait se moquer du milliardaire fasciste Le Pen qui traite Sarko de Président bling-bling flon flon, on pourrait ricaner en voyant des dizaines de candidats UMP aux municipales qui ne souhaitent pas avoir le soutien du président. On pourrait sourire quand Fadela Amara dit qu'elle ne votera pas Sarkozy en 2012. On
pourrait se demander où est passée Rachida Dati, depuis que les magistrats lui tiennent tête et que la "réforme" de la justice ne se fait pas. Mais on se demande surtout ou est passée la gauche.

Le parti socialiste est handicapé par la défection de quelques "gros poissons" et plusieurs petits - Kouchner et Strauss-Kahn, Besson, Bockel. Mais la vraie difficulté c'est que ceux qui se chamaillent pour prendre la direction du parti - Royal, Valls, Peillon, Montebourg ou Delanoé - n'ont rien à redire sur l'essentiel du projet néolibéral de Sarkozy.

Strauss-Kahn a déjà privatisé France Télécom, et se dit pour la reforme des universités, pour qu'elles soient livrées à la concurrence internationale ; il est logique qu'il accepte d'intégrer l'équipe Sarkozy.

Kouchner l'aventurier a déjà soutenu de nombreuses interventions impérialistes à l'étranger au nom d'un humanitarisme sans frontière, notamment le Kosovo, quand le gouvernement de Jospin a bombardé les Serbes en 1999. Mais ceux qui restent au PS donnent l'impression qu’eux aussi, se sentiraient à l'aise chez Sarko.

Manuel Valls, député-maire d'Evry, et candidat à la direction du parti, a exprimé son accord avec les discours politique de François Fillon, et même envisagé la possibilité de "faire un bout de chemin avec la majorité à condition qu'elle nous entende" (Le Monde Diplomatique, Novembre 2007). Valls s'est déclaré pour la réforme des régimes spéciaux de certains salariés. Il est pour que le PS change de nom, et a exprimé son accord avec l'idée de Bernard-Henri Lévy selon laquelle il faut une rupture radicale avec le passé pour sauver la gauche.

Julien Dray, député de l'Essonne, et aujourd'hui donné comme candidat au poste de premier secrétaire du PS, fut un des premiers à gauche à parler de " zéro tolérance " et fut l'un des architectes de la campagne de Ségolène Royal, campagne ou le thème de "l'ordre (juste)" a été beaucoup mis en avance.

Aujourd'hui Dray parle d'une grande coalition arc-en-ciel qui rassemblerait toute la gauche mais aussi le centre. Ségolène Royal aussi parle des alliances avec le MoDem pour les municipales. Mais le seul effet d'une alliance avec le centre serait de tirer le paysage politique encore plus vers la droite, et de laisser à l'abandon l'électorat de gauche.

En Italie, l'alliance centre-gauche de M. Prodi avait énormément de mal à battre Berlusconi en 2006, et l'élection fut remportée par la gauche avec les voix des électeurs italiens installés à l'étranger. Parmi les italiens résidents en Italie, il n'y avait que 25 000 voix entre le centre-gauche de Prodi et le centre-droit de Berlusconi. Une alliance centre-gauche ne peut que favoriser la droite.

Parmi les candidats du MoDem qui espèrent être élus suite à des accords avec le PS : Marc Dufour, ancien PDG d'Air Littoral. Il est très clair que l'alliance permettrait de construire le MoDem là ou il n'existe pas. Et de crédibiliser ses idées plutôt que des idées de gauche. Mais aujourd'hui, les préoccupations des Français - le pouvoir d'achat, la sécurité d'emploi, l'éducation - sont des questions où la gauche est traditionnellement forte.

Il ne faut pas oublier que la classe ouvrière française a déjà une longue histoire de résistance à la politique néolibérale. Si nous n'avons pas remporté la dernière bataille contre la LRU, c'est que la direction de la gauche "réformiste" était d'accord avec la réforme et la direction des syndicats a souhaité négocier plutôt que de lutter.

Catherine Curran


Traité européen : la démocratie selon Sarkozy

On a tous en mémoire le double NON qu'ont infligé les peuples des Pays-Bas et de la France au Traité Constitutionnel Européen en 2005. Pourtant Sarkozy a signé le Traité dit simplifié qu'il a bien contribué à mettre en œuvre. Certains voudraient nous faire croire que ce traité est différent et que les points de frictions auraient disparus.

Pourtant en écoutant les dirigeants européens eux-mêmes, on se rend compte que la réalité est toute autre. Ainsi Giscard a déclaré au Daily Telegraph du 27juin 2007 que "Ce texte est en fait, le retour d'une grande partie de la substance du Traité Constitutionnel". Le parlement européen dans une résolution adoptée le 27 juin 2007 "se félicite (...) que le mandat préserve en grande partie la substance du traité constitutionnel". On voit donc que la démocratie est à géométrie variable pour Sarkozy et ses amis capitalistes, selon qu'elle va dans le sens de leurs intérêts ou non.

Mais ce qui est encore plus grave est la position officielle du Parti Socialiste qui appelle ses parlementaires à boycotter le vote du congrès de Versailles le 4 février prochain, permettant de fait à Sarkozy d'obtenir la majorité qualifiée. Dans le cas contraire il serait obligé d'organiser un référendum. Le campagne pour le NON en 2005 a permis de lancer des débats de fond sur la nature du système libéral. C'est pourquoi nous nous inscrivons dans la campagne pour un référendum.

Vous aussi pouvez signer la pétition sur http://www.nousvoulonsunreferendum.eu

Laurent Bauer
Par Association Marque Page - Publié dans : N°2 d'AntiCapitaliste
- Voir les commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Recherche

 
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus