Dimanche 17 février 2008
Dix jours sans manger pour un combat mené depuis Dix ans : cela faisait depuis le 5 janvier à 19h30, que dix sept membres de la confédération paysanne alliée à une vingtaine d'autres associations (greenpeace, les faucheurs volontaires, ATTAC...) avaient débuté une grève de la faim dans le but de faire pression contre un gouvernement qui promettait lors du grenelle de l'environnement de suspendre la vente de semences OGM.

En réalité, celui-ci n'avait fait que mettre un moratoire sur cette vente jusqu'au 9 février. La confédération paysanne a demandé un moratoire réel, qui répond à l'exigence de principe de précaution, en conformité avec la législation européenne qui permet à un pays de l'union de faire exception à la loi européenne par une clause de sauvegarde. Le 15 janvier, le projet de loi pour appliquer cette clause de sauvegarde est débattue, une manifestation a eu lieu à 18 heures.

La grève de la faim s'est arrêtée samedi et déjà José Bové salue cette victoire et remercie le DAL (association
du droit au logement) d'avoir ainsi concilié la résistance des "rats des villes et celle des rats des champs". Le président du DAL parle même de la troisième victoire de la rue de la Banque et propose de la rebaptiser "rue de la lutte".

De même que les méthodes de groupe comme les faucheurs volontaires sont souvent contestées, les grévistes de la faim ont été accusés par le gouvernement d'être un groupuscule d'extrémistes. Notons que cette grève de la faim, comme les actions des faucheurs, ayant explicitement pour objectif d'attirer les médias a permis de relancer à nouveau le débat sur la très problématique question des OGM : ainsi le débat s'est fait autour des moyens de coexistence des cultures OGM avec les autres cultures, de fait, celle-ci semble impossible puisque les organismes transgéniques contaminent des champs à une vingtaine de kilomètre de distance, le matériel agricole ainsi que les moyens de transports.

La confédération paysanne demande également un étiquetage sur la viande et les produits d'origine animale signifiant que ces animaux ont été nourris aux grains transgéniques ou non, ainsi qu'un étiquetage de produits transgéniques en dessous du seuil des 0,9%, ce que garanti pour l'instant la législation française.

Francesca Courtin
Par Association Marque Page - Publié dans : N°2 d'AntiCapitaliste
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